On sait depuis longtemps que les ressources énergétiques fossiles ne sont pas infinies. Le charbon, le pétrole, le gaz, mais aussi l’uranium, quand bien même il n’y aurait pas de changement climatique, sont voués à l’épuisement à plus ou moins brève échéance. Et donc, climat ou pas, il faudra trouver des solutions pour s’en passer.

Seulement voilà, le changement climatique est là. Selon le dernier rapport du GIEC, nous n’avons que 3 ans pour nous mettre en capacité de limiter le réchauffement moyen à + 1,5 °C. D’une certaine façon, le vrai drame de l’Humanité est que le changement climatique se produise alors qu’elle n’a pas encore tari toutes ses réserves d’énergies fossiles. Résister à la tentation de puiser dans ces ressources pour limiter les effets du réchauffement global relève de la gageure.

Une demande d’énergie toujours en croissance

Or jusqu’à aujourd’hui, la tendance naturelle de la demande d’énergie (hors périodes de confinement) a toujours été à la croissance, et particulièrement pour l’électricité. Le fait est que, collectivement, nous sommes accros à l’électron. Dès qu’apparaît une nouvelle solution d’efficacité énergétique permettant d’en réduire la consommation, deux nouveaux usages de l’électricité apparaissent. Pour une pompe à chaleur installée, combien d’objets connectés ou fonctionnant sur batterie sont mis sur le marché ? Et cette progression va encore s’accélérer du fait de la bascule vers l’électricité de nombreux utilisateurs du gaz et des produits pétroliers.

En 2005, les pouvoirs publics ont instauré le dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie (primes CEE). Il fixe aux fournisseurs d’énergie des objectifs quantifiés de réduction de consommation à atteindre sur des périodes de trois ans. Depuis sa création, la consommation évitée grâce à ce dispositif n’a cessé d’augmenter, passant en moyenne de 75 TWh par an sur les deux premières périodes, à 533 TWh/an au cours des 4 dernières années. Pour rappel, TWh = térawattheure et 1 TWh = 1 milliard de kWh.

Or, dans le même temps, la consommation globale n’a que légèrement diminué, jamais de plus de 50 TWh par an sauf en 2011 (-108 TWh) 2014 (-112 TWh) et en 2020 (-60 TWh). Les économies d’énergies ne compensent pas (ou à peine) la hausse structurelle de la consommation. Qui plus est, les baisses les plus importantes ne sont pas dues à des efforts particuliers ni même à la crise sanitaire de 2020, mais, ironiquement, à des années particulièrement chaudes qui ont réduit les périodes de chauffage en hiver… Conséquences directes du changement climatique.

Au pied du mur

Se fixer des objectifs de neutralité carbone pour 2050 était certes nécessaire, encore fallait-il que les politiques dès lors mises en place permettent de les atteindre. En l’occurrence, ces objectifs n’ont toujours pas été déclinés finement région par région, secteur par secteur, acteur par acteur. De sorte que personne ne sait précisément ce qu’il doit faire.

Les seuls moments où la France a été alignée sur son objectif sont pour l’instant ces années “exceptionnelles”… où rien de particulier n’a été fait, avec une réduction ponctuelle de 5 % à 10 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Pour respecter ses engagements, elle devrait réitérer cela tous les ans jusqu’en 2050. En espérant que les autres pays rempliront aussi leur part du contrat…

Dans un monde où le dogme de la croissance comme seule planche de salut n’est remis en cause par aucun pouvoir en place (à l’exception notable du Bhoutan), le levier économique reste le seul envisagé pour obtenir des résultats. En l’occurrence, le président Macron a annoncé le 10 février sa volonté d’augmenter de 60% la part de l’électricité dans la consommation d’énergie de la France en 2050 par rapport à 2020. Tout en réduisant de 40% la consommation d’énergie via la rénovation des logements, le renouvellement du parc automobile et la décarbonation de l’industrie. Sans sacrifier la croissance, donc.

Une conjoncture défavorable

Mais pour l’heure, sous l’effet de la reprise économique post Covid-19 et de la guerre en Ukraine, l’offre en énergie se fait plus rare. Résultat : les prix de l’énergie flambent, ceux de l’électricité comme les autres. Or le parc de production d’électricité décarbonée est actuellement insuffisant pour absorber le passage au tout électrique.

Et ce d’autant plus qu’un réacteur nucléaire sur deux est actuellement à l’arrêt pour cause de maintenance, programmée ou non. En attendant de nouvelles centrales qui ne seront pas opérationnelles avant 15 ans, il faut, certes, massivement développer les EnR, mais surtout dès aujourd’hui réduire la consommation d’énergie.

Une réduction qui se fera contrainte et forcée, vraisemblablement sans croissance si ce n’est avec décroissance. Avec des conséquences douloureuses dans la vie quotidienne des personnes les plus exposées, que l’on observe déjà aujourd’hui : limitation du chauffage, des déplacements, risques de blackout… Alors pour ceux qui ont encore le luxe d’avoir le choix, il est temps de s’y mettre.

L’habitat en première ligne du tout électrique

Le secteur du bâtiment est aujourd’hui le mieux placé pour concourir à cette évolution vers la sobriété. La société ACTIV est fière de participer au mouvement par la transition des moyens de chauffage vers des solutions efficientes et à base d’EnR, telles que les pompes à chaleur. L’objectif est de limiter la consommation d’énergie dans l’habitat au strict nécessaire en tendant vers le tout électrique.

ACTIV permet également d’intégrer aux bâtiments des moyens de production d’énergie qui sont un pas concret vers l’autonomie. Les panneaux photovoltaïques contribuent par exemple au recul des énergies fossiles.

Le Gouvernement a commencé à créer les outils de financement nécessaires et annonce une planification écologique. Il s’agit maintenant de fixer des objectifs à la hauteur des enjeux, et de pérenniser les moyens pour les atteindre en les amplifiant. Nous sommes prêts à tenir notre rôle, mais nous ne réussirons collectivement que si chacun fait de même.